Media-G - 23/10/2001 Leçon de chose |
Un reportage sur l’homophobie dans le 19/20 fait la joie de Cy Jung
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Samedi 1er septembre, France 3, 19h40 : 19/20, édition nationale. Reportage de Stéphanie Desjars et Olivier Palomino.
On a l’habitude, en période de Lesbian and Gay Pride®, de voir les journaux télévisés consacrer quelques sujets à la marche elle-même ou à l’homosexualité de manière plus large. Rien ne présageait par contre que le 19/20 de France 3 consacre un reportage de 3 mn à la recrudescence de l’homophobie à Montpellier un 1er septembre en dehors de toute actualité lesbienne ou gay. Ce simple fait est déjà à souligner, sans doute comme la marque que nos revendications font leur chemin et que le temps viendra où l’homophobie aura autant de place dans les médias que les autres formes d’ostracisme et de discrimination.
Mais au-delà de l’irruption de l’homophobie comme sujet ordinaire de JT, ce reportage était un véritable modèle du genre. Il y a d’abord eu le présentateur qui l’a annoncé sans changer de ton avec, sur sa droite, une photo de la manifestation des anti-Pacs légendée " Homophobie ". Voilà que les amis de madame Boutin représentent ouvertement l’homophobie : je n’en espérais pas tant mais n’étais pas au bout des bonnes surprises.
Le reportage s’est ouvert sur le témoignage d’un jeune homme agressé sur une plage. Il s’est continué par une interview du président d’une association montpelliéraine de lutte contre l’homophobie, interview ponctuée par un commentaire des journalistes sur la difficulté pour les victimes de porter plainte par " peur ou honte d’être confrontés à la police ". A suivi le témoignage de cette pharmacienne sètoise qui poursuit ses employeurs pour discrimination homophobe. Le reportage a ensuite quitté Montpellier pour prendre une dimension nationale : le président de la Ligue des Droits de l’Homme s’est exprimé sur l’opportunité de pénaliser l’homophobie ; les dernières images ont montré la manifestation des anti-Pacs arborant leurs pancartes " Pas de neveu pour les tantouzes " et autres amabilités avec un commentaire évoquant le paradoxe des lois en vigueur qui " tolèrent mais ne protègent pas ".
La boucle était bouclée, la violence homophobe de certains a été ouvertement dénoncée après que ses conséquences concrètes dans la vie quotidienne de lesbiennes et de gays aient été démontrées. J’ai envie d’applaudir, mais je n’applaudirai pas : ce reportage mérite bien plus que mes louanges ; il mérite tout simplement de se reproduire chaque fois que l’homophobie fera de nouveaux ravages.
Cy Jung, 23 octobre 2001
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