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Cinéma - 17/12/2003
Grande Ecole
Genre : Comédie dramatique
Format : Long métrage de 110 minutes
Production : France (2003)
Réalisation : Robert Salis
Liste des acteurs : Gregori Bacquet, Jocelyn Quivrin, Salim Kechiouche, Arthur Jugnot, Elodie Navarre, Alice Taglioni, Eva Darlan, Yasmine Belmadi, Jacques Collard, Jamal Hadir, Arnaud Binard, Adam Jodorowsky, Hanifa Mizi-Alloua, Eric Seigne, Nicolas Laugero
Thèmes : Relation amoureuse, Tourments, Première fois, Drague & sexe, Désir, Bisexualité, Amitié, Placard.

Commentaire « Grain de Cy » disponible, cliquez ici Sur le campus d'une grande école, un étudiant s'éveille à l'homosexualité : amoureux d'un de ses colocataires tout en tombant dans les bras d'un peintre en bâtiment. La France tiendrait-elle enfin son Maurice ? Encore raté. Sortie le 4 février 2004.
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Affiche françaisePaul (Gregori Baquet) emménage dans l'appartement qu'il partage avec Louis-Arnault (Jocelyn Quivrin) et Chouquet (Arthur Jugnot). Ils sont dans une ecole de Commerce, là où on produit les dirigeants de demain. Paul est avec Agnès (Alice taglioni), Louis-Arnault avec Emeline (Elodie Navarre). Mais Paul développe une curieuse fixation sur un Louis-Arnault très provocant. Il ne tarde pas à tomber sous le charme de Mecir (Salim Kechiouche) avec lequel il partage une relation enfin sexuelle. Mais les sentiments feront-ils le poids face aux choix à prendre?

Catégorie : Le film traite de l'homosexualité comme sujet principal
Scénario : Robert Salis, Jean-Marie Besset d'après la pièce éponyme de Jean-Marie Besset
Production : Ognon Pictures-France 2 Cinéma-Eden Films
Distribution : Pyramide Distribution (cinéma-France)
Rapport à l'homosexualité :  Éveil des sens d'un hétéro bon teint aux charmes du corps masculin, visite dans les douches d'une piscine, relations sexuelles avec un peintre en bâtiment beur. En vrac, les orientations gays de Grande École.
Notes : 

 

J. Quivrin, A.Jugnot, G.BacquetFormat : 1.85:1 // Son : Dolby Digital

Malgré les apparences, l'intrigue ressemble curieusement à celle de Maurice (James Ivory-1987), où un aristcrate britannique tombait sous le charme -sans conclure- d'un de ses copains étudiants de Cambridge . Puis, bravant les barrières sociales, tombait dans les bras d'un ouvrier et se découvrait tel qu'il était. La ressemblance s'arrête là.

Prenant le décor d'une quelconque école supérieure de commerce déshumanisée, Grande Ecole entend parler de la Grande Ecole de la Vie, donc du travail et celle de l'amour. Partant d'un sujet pourtant intéressant et peu traité dans le cinéma français (hormis à travers des gaudrioles effroyables à la Sexy Boys) le film trahit très rapidement ses origines théâtrales et se plante tout droit dans le décor.

Jocelyn Quivrin et Gregori BacquetLes personnages sont réduits à des caricatures monofacettes : l'ambitieux, la manipulatrice, le travailleur coincé...sans jamais essayer de voir au-delà des apparences. Seul Paul (Gregori Bacquet, formidable), torturé dans l'âme entre ses idéaux en train de se morceller et sa sexualité vacillante, donne lieu àune véritable étude de caractère. Mécir (Salim Kechiouche, épatant et émouvant) reste lui fidèle à ses convictions :c'est bien le seul qui sorte digne de cette histoire. Peu dupe de sa qualité d'objet de désir, il se laisse prendre au piège de ses émotions. Mais reste un tantinet prisonnier du cliché du bel arabe fantasmé les mains dans le platre : le film se prend un peu les pieds dans le tapis des clichés qui'il souhaite décrire.

Le rythme languissant n'arrange en rien cette impression de lourdeur démonstrative. Chaque effet est appuyé d'un dialogue explicatif (genre explication de texte au cas où personne n'aurait compris), le ton engoncé dans un montage mou. Ca traine, ça se pose des questions, ça ne répond jamais : on tourne en rond, acteurs, histoire comme spectateur. La cerise sur le gateau, ce sont les dialogues :ampoulés, déclamés comme au théâtre, ils tombent régulièrment à plat, oubliant que le passage au cinéma s'accompagne de l'oubli de la scène et que les acteurs n'ont pas à articuler comme des bêtes pour se faire entendre. Résultat : des scènes supposées emplies d'émotions (la scène d'explication finale) provoque l'hilarité de par le peu d'emprise sur la vie réelle.

Et l'amour dans tout ça? L'amour...hum... le film ne lésine en scènes de cul à tous les étages. Peu avare en nudité masculine, on est gratifié de deux scènes de douche après un match de water-polo. Dont l'une supposée représenter le trouble du héros. Trop longue pour être honnête, elle apparait totalement gratuite. La sexualité apparait survoltée dans les scènes hétérosexuelles mais sensuelle, un peu hors du temps et onirique dans celles homosexuelles. Vision hédoniste d'un moment supendu dans le temps, aboutissement du désir, cet impossible objet.

Comme dans tout film français parlant de sexualité compliquée par le désir, d'ordre et de désordre (amoureux ou professionnel), les héros ne savent pas choisir. Comme le dit le héros à la fin "je veux choisir de ne pas avoir le choix". Mouais, un peu facile. la conclusion est au diapason du film : incapable de choisir entre théâtre et cinéma, le cul entre deux chaises d'une sexualité non épanouie. Cette description d'un monde industrialisé à outrance dans ses choix de société où les rapports sont prévus à l'avance, demeure statique, démonstrative, d'une lourdeur emphatique qui mène à un ennui grandissant. C'est très dommage car il y avait matière à moins verber et à agir plus : indécrottable prétention auteurisante à la française.

Le héros du livre et du film Maurice, prenait une décision radicale : celle de s'assumer. Celui de Grande Ecole ne sait pas (ne veut pas?)prendre  cette décision, tout comme le film qui ne sait pas (ne veut pas?) s'assumer comme tel.

Pour terminer, Robert Salis est le réalisateur de l'inénarrable documentaire sur le naturisme Vivre Nu-A la recherche du paradis perdu. Son dernier film, Grande Ecole, est terminé depuis longtemps mais a peiné afin de trouver un distributeur et une fenêtre de sortie.

Image 3Grande école est sorti en DVD chez Optimale.


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Cinéma > Votre Avis - 17/12/2003
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