L’OMS a beau avoir retiré l’homosexualité de son manuel diagnostique et statistique des maladies mentales en 1985 puis l’avoir déclassifiée lors de son congrès de 1992, pour tous les états signataires de sa Charte, le site Doctissimo.fr y consacre un épais dossier. Est-il l’heure de sortir nos revolvers ? Ce sera inutile car quand ce site qui traite de « Ma santé en un mot » parle d’homosexualité, cela n’aboutit en rien à la médicaliser ou à lui conférer un quelconque caractère pathologique. Bien au contraire… On pourra même se demander pourquoi j’ai pu produire un tel soupçon à la lecture de ce dossier intitulé « Gay pride : l’homosexualité sortie de l’ombre » et des douze articles qui le composent. Une déformation Zap-optionelle, sans doute, une dérive stéréotypique voire homophobe étant si vite arrivée.
J’ai donc le devoir de constater qu’aucun cliché ne sévit en ces pages. Même pas au niveau du choix des sujets, me susurre ce qu’il me reste de conscience politique après avoir voté Chirac puis défilé trois fois pour le soutenir en moins d’un an ? Même pas. Bien sûr, l’article sur la Gay pride parle de fête et de Drag queen mais il démarre sur les émeutes de Stonewall. Bien sûr, on trouve un article sur le Sida mais celui-ci rappelle, dès son chapeau, que « Premières victimes du Sida dans les pays développés, les homosexuels ont été à la pointe de la lutte contre l’épidémie ». Incontournable. Bien sûr, il est question d’homosexualité chez les Grecs mais l’auteur de cet article n’oublie pas de dire aussitôt que « l’homosexualité de type pédérastique » est un « rite social de passage » et ne se confond pas avec « l’homosexualité entre adultes ». Bien sûr, il est question des origines de l’homosexualité, innée ou acquise, génétique, produit d’un « choix d’objet » mais les apprentis sorciers de la causalité homosexuelle en prennent tous pour leur grade. Bien sûr, il n’y a rien sur l’homoparentalité mais ce dossier semble dater de l’année 2000 et en cette année-là, le sujet n’avait pas la place qu’il a aujourd’hui.
Je n’aurais donc aucune critique à formuler ? Non, aucune. Je vous invite même à lire ce dossier, où j’ai appris des choses, dossier d’où les femmes ne sont pas absentes sans être un sujet à part et où, comble de belle visibilité, les bis sont traités à l’égal de tous les autres. Et si vous n’aviez pas le temps de tout lire, je vous conseille l’article « Adolescence, sexualité et homosexualité » ; on aimerait en lire des comme ça plus souvent.
Cy Jung, 13 mai 2003
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