VSD, Le JDD, Le Point, Le Monde, L’Express, Le Parisien, mais aussi un reportage récent de C dans l’air sur France 5... de nombreux médias ont annoncé depuis fin janvier Les-pages-arc-en-ciel comme un événement, la preuve enfin matérielle qu’un marché gay existe en France...
Ces « Pages jaunes gays », ainsi que le titrait Le Monde, seraient une idée importée des États-Unis — les pink pages — et proposent de répertorier les professionnels à destination des gays et gay-friendly. Au vu des imposants guides recensant les établissements gays, le concept — étendu aux gays-friendly — suggérait un ouvrage à ranger en bonne place à côté du téléphone, entre les Pages blanches et les Pages jaunes, la comparaison avec ces dernières étant très fréquentes dans les commentaires de la presse...
Point de bottin, c’est finalement un maigre fascicule format A5 d’une quarantaines de pages noir et blanc (et huit pages de publicité en couleur) qui est finalement distribué dans les établissements du Marais depuis quelques jours. La maquette aérée mais malgré tout assez peu claire cache difficilement la pauvreté du contenu : deux ou trois contacts par catégories dans le meilleurs des cas, autant d’établissements recensés que d’annonceurs.
Une visite sur le site les-pages-arc-en-ciel.com n’est hélas guère plus convaincante : design amateur, navigation en flash peu ergonomique (un internaute qui connaît le chemin peut accéder à la catégorie « Voyance » en 14 clics !), même pauvreté du contenu...
Le bon vieux mythe du « business gay » décrit par Le Parisien (25/01/2003) à propos du « 1er annuaire homosexuel » en aurait-il pris un coup ? Notre déception est en tout cas à la hauteur de la débauche de communication autour du lancement du projet.