Après l’annonce des difficultés financières de Pink TV pendant l’été 2006, SatelliFax a indiqué mi-décembre 2006 que Pink TV « aurait procédé à 11 licenciements économiques ». Début mars 2007, Media-G a effectivement constaté que Pink TV a mis à jour l’organigramme publié sur son site Internet. En deux mois, la chaîne a enregistré l’arrivée d’un responsable matériel presse et le départ de huit personnes, dont plusieurs postes-clés : Didier Zerdoun (directeur général), Nicolas Lacassagne (directeur des programmes), Philippe Castetbon (directeur adjoint des programmes).
La réorganisation de Pink TV ne se limite pas à son organigramme : Pascal Houzelot, président de la chaîne, travaille depuis plusieurs mois à la révision du modèle économique ainsi qu’à la recapitalisation de la chaîne.
Toujours selon Satellifax, cité par Têtu, on apprend en février 2007 que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) aurait donné son accord pour la réorganisation de Pink TV : diffusion en clair (sans abonnement) de programmes dans la journée sur Pink TV à partir du 21 mars et conventionnement d’une seconde chaîne payante, PinX, qui diffuserait deux films de catégorie V chaque nuit. Ce projet de réorganisation est implicitement confirmé par Pierre Garnier, le directeur marketing et communication de Pink TV, dans une interview à Tarifmédia le 26 février où il évoque les tarifs publicitaires de la chaîne. Ce conventionnement a ensuite été confirmé par Pascal Houzelot le 5 mars sur l’antenne d’Europe 1. Le CSA, qui en général publie sur son site Internet ses décisions un mois après leur adoption en assemblée plénière, devrait confirmer cet accord vers la mi-mars. Selon M. Houzelot, la chaîne PinX serait facturée 9 euros par mois, le prix de l’abonnement à Pink TV actuellement. Il précise aussi que tous les abonnés actuels — M. Houzelot en revendique 110 000 — seraient d’office abonnés à cette offre.
Selon Thierry Moreau, directeur de la rédaction de Télé 7 jours, qui s’exprimait le 2 mars sur Europe 1, le dernier conseil d’administration de Pink TV qui s’est déroulé le mercredi 28 février a été « houleux » et s’est terminé tard dans la nuit. Des « frais de fonctionnement importants », des « problèmes de gestion » auraient été évoqués. La prochaine réunion des actionnaires qui se tiendra le 13 mars serait décisive pour l’avenir de la chaîne, et peut-être aussi selon M. Moreau pour Pascal Houzelot. Ce dernier dément cependant être remis en cause par ses associés.
La mise au point du nouveau modèle économique de Pink TV intervient alors que la chaîne italienne Gay.tv a décidé d’arrêter d’émettre le 31 janvier 2007, faute de revenus publicitaires suffisants. La situation de cette chaîne n’est cependant pas forcement comparable à celle de Pink TV. En se réorganisant, Pink TV adopte en fait un positionnement similaire à Logo, une chaîne gay lancée en 2005 aux États-Unis par Viacom, la maison mère de MTV. Cette chaîne a dès son lancement fait le pari d’une diffusion gratuite auprès d’une audience la plus large possible. Pour ce faire, les programmes ont été sélectionnés de manière à ce qu’ils heurtent le moins possible la sensibilité des téléspectateurs américains, quitte à adopter une ligne éditoriale faisant l’impasse sur les revendications LGBT… Si Pink TV passe ce cap difficile, il lui restera à convaincre avec la nouvelle grille de programmes en cours de préparation.
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